BLACKBOOKBLACK

http://www.fremok.org/site.php?type=P&id=84

Le projet Blackbookblack s’inscrivait dans la foulée de mes activités au sein du Frémok. Le livre en était le centre; le rapport du livre au monde et à l’espace en est le développement. J’ai réalisé ce projet avec l’aide d’Alexia de Visscher et de Miles O’Shea. Alexia de Visscher est graphiste et typographe, elle a réalisé la maquette de nombreux livres du Frémok. Miles O’Shea est acteur, il travaille régulièrement avec le réalisateur et metteur en scène Pieter De Buysser. Blackbookblack est le nom générique d’une plate-forme de création. Cette plate-forme comprend plusieurs plans qui s’articulent autour de la conception d’un livre aux pages noires. Avant de développer les différents degrés de cette plateforme, il convient de préciser l’ancrage de ce projet dans les activités de Frémok. Le projet de création du Blackbookblack est né lors d’une commande passée au Frémok par un théâtre de Gand. Lors de ce projet de création théâtrale, j’ai rencontré Miles O’Shea avec qui j’ai mis au point la table-roulante-imprimant- des-gravures-noires. J’en ai tiré une série de gravures qui ont été rassemblées dans un livre publié par Frémok.

La performance a eu lieu dans trois bibliothèques suisses et trois bibliothèques suédoises, elle est présentée lors de la promotion du livre à la galerie-librairie «Etc» de Montpellier, ainsi qu’en Chine. Lors de la performance dans les bibliothèques, trois types de gravures sont imprimées : des gravures noires, des gravures qui représentent et mettent en perspective l’action de manière à constituer les photogrammes d’un film d’animation improbable, des gravures illisibles composées d’une superposition folle des différentes gravures-photogrammes. Le projet s’inscrit dans la pratique et dans la réflexion d’un parcours dont la gravure sur bois est le moteur.

Le volume dans l’espace, un volume à habiter le plus souvent, est le lieu et le support qui prolongent le plan de la gravure. Pratiquant la gravure sur bois, j’ai toujours éprouvé les gestes techniques non pas comme la partie artisanale de mon travail, mais plutôt comme une partie totalement intégrée dans le geste même de la création plastique. Cette sensibilité au processus, à ce qui a lieu au cours de l’acte de création plastique, j’ai toujours cherché à la manifester de manière à ce que le lecteur ou le spectateur puisse lire ou regarder le processus à l’oeuvre. De ce point de vue, le projet BBB matérialise le processus. Au sens littéral, le spectateur lors de la performance assiste à la création d’un livre noir aux pages noires. Les pages noires sont imprimées en direct sur la presse de la table roulante et reliées sous les yeux même des spectateurs.

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