POUR GRAVER DES MOTS

Pour graver des mots l’écorce d’un jeune arbre des vues aussi bien surplomb de vallée image mentale une phrase un écho grimpe par le versant étoilé du non-sens (de préférence) du poème la trace se perd trois dessins dans l’œil (xylographie ou aquatinte) un reflet c’est le soir

trois coups toc toc toc pour une pièce qui n’existe pas non-site non-lieu un automne mordoré une barque qui passe est passée retirer du sol les certitudes arracher au sens commun la racine du sonnet besogne inachevée somnolant rêver à ce plan de Murnau quelques chevaux

lèvent la tête la pellicule défile un peu trop vite mouvements saccadés images en surimpression inversion du négatif positif (le vide ce n’est pas rien) de toute façon il préfère le noir

et blanc (traduire la nature en mots-noirs-et-blancs) mais dis-moi vite comment écrire entre deux mots remplir un vide relier les fils dispersés du sens et construire l’écheveau de ce qu’est n’est pas le beau

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